musique en ligneOn ne se le cachera pas, même si on remarque une croissance considérable des services de musique en ligne, il existe toujours néanmoins un débat concernant le prix approprié à payer. En 2004, le modèle de fixation des prix de Apple (acheter une chanson à l’unité pour 0,99$) a été accepté par la majorité des compagnies de disques. Pourtant, au moment de renouveler leur contrat, plusieurs labels ont tenté des négociations pour augmenter les prix à l’unité.

Mais selon un article paru dans le USA Today en 2006, les analystes estiment que les consommateurs ne sont pas prêts à payer plus cher. Selon un autre article de TechNewsWorld renchérit sur ce même thème, dans lequel Steve Jobs, (qui vient d’être sacré CEO de la décennie) CEO de Apple explique :

“Les maisons de disques se font 0,70$ par téléchargement sur iTunes, et c’est un profit encore bien plus grand que celui qu’elles se font en vendant physiquement un disque. Si elles tiennent à faire grimper les prix, cela vient simplement prouver qu’elles deviennent un peu trop avides d’argent.”

Alors qu’en pensez-vous? Est-ce qu’opter pour une stratégie qui favorise les prix plus bas est une approche prometteuse pour les vendeurs de musique digitale?

On coopère dans les affaires?

J’ai lu dans la revue scientifique Journal of Electronic Commerce Research un article très intéressant sur l’approche que devraient prendre les acteurs importants qui jouent un rôle dans la musique digitale. Que ce soient les artistes, musiciens, compagnies de disques, distributeurs ou même les services financiers, tous ont un rôle à jouer, car ils portent chacun le flambeau de l’industrie musicale. C'est jamais noir, c'est jamais blanc!

Une stratégie de fixation de prix basée sur la coopération entre les membres de l’industrie musical pourrait-elle aider chacun à tirer profit et  maximiser ses bénéfices?

En faisant passer un sondage auprès de 1 534 répondants, et en mettant sur pieds un modèle théorique digne des plus grandes recherches empiriques, les auteurs ont réussi à calculer, à l’aide de formulations et d’hypothèses, que le prix optimal que les consommateurs sont prêts à payer serait de 0,37$.

Ce résultat indique que le prix que les boutique de musique en ligne chargent à leurs clients dépassent largement leur volonté de payer. Tout de même!

La coopération est un pré-requis important, si on veut couper les prix d’autant, puisque les décisions des joueurs impliqués dans la chaîne de valeurs sont interdépendants.

Un exemple :

Ce n’est manifestement pas raisonnable pour un distributeur de fixer les prix en bas de ce qu’il doit payer à la compagnie de disques. On est d’accords? Alors supposons maintenant que iTunes doit payer 0,70$ pour les droits de royauté et d’auteurs, en plus de 0,27$ pour les frais de transactions aux compagnies de cartes de crédit, ça vous laisse comprendre pourquoi la coopération peut être profitable pour tous les joueurs!

C’est bien entendu une recherche empirique, mais c’est un beau “pensez-y bien”. Ça pourrait adoucir bien des courroux dans l’industrie musicale et faire un pied de nez à notre peur du changement.

Maud

SOURCE : Peter Buxmann, Jochen Strube, Gerrit Pohl, COOPERATIVE PRICING IN DIGITAL VALUE CHAINS – THE CASE OF ONLINE MUSIC Journal of Electronic Commerce Research. Long Beach: 2007. Vol. 8, Iss. 1; pg. 32, 9 pgs

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